Errance
Mon errance à moi se situe dans toutes ces photographies, certaines faites par moi (la fleur de la passion), certaines faites à l'occasion d'expositions (les deux suivantes, elles viennent des Abattoirs. J'en ai juste changé la couleur) et enfin, la dernière représentant un auto-portrait de l'artiste en question fut prise au Château d'Eau...
"Errrance"... Pourquoi ça ? Pourquoi maintenant ? Et bien, parce que tout à l'heure, entre deux rêveries, j'ai feuilleté de nouveau le livre de Raymond Depardon, intitulé "Errance"... Et puis, j'ai lu quelques passages au gré de mes envies.
J'ai d'ailleurs aimé quelques extraits dont je voulais vous faire part ici :
" Dans le photographie, il y a la confrontation avec l'autre, avec les autres. Je dis : "Voila qui je suis." C'est peut-être pour mieux regarder les autres, pouvoir bien les regarder, avoir une légitimité pour les regarder. Ce qui est important, ce que j'aime dans la photographie et notamment à travers cette expérience de l'errance, c'est de me confronter à des choses que je ne connaissais pas, que j'ai découvertes, qui m'ont tiraillé, qui me poursuivent maintenant, qui m'obsèdent, qui vont m'obséder dans les temps qui viennent, qui vont me bouleverser, qui ont changé ma vie.
A travers l'errance, j'ai fait un voyage en moi-même. Cela suffit. L'unité de lieu qui devrait venir à la suite de cela m'intéresse moins.
L'errance n'est pas un voyage égoïste, pas du tout. J'ai peut-être été un peu plus libre que d'autres photographes d'avancer vers d'autres choses...
(...)
J'ai peur de beaucoup de choses. J'ai peur de la solitude, et j'ai peur aussi de décevoir, j'ai peur de mal aimer ou d'aimer mal. J'ai peur des autres et j'ai peur de leur jugement, peut-être un peu moins maintenant. J'ai peur de me décevoir moi-même aussi."
C'est alors que j'ai pensé, moi, à cette errance qui traînait dans mon inconscient... Oui dans mon inconscient car je tente ces derniers temps de ne pas montrer toutes les peurs qui sont enfouies en moi. Etre pudique est une grande qualité je pense. Je tente de l'être de plus en plus. Donc, mes côtés négatifs restent dans la petite case de toutes les "choses" que je ne veux plus montrer.
Et donc, en lisant ces quelques passages, je me suis reconnue dans les écrits de Depardon. Dans ses peurs, j'ai les mêmes. Dans cette envie de faire de la photographie différente, selon ses envies; et cette errance m'a ému... Beaucoup ému. Je ne sais pourquoi plus en ce moment qu'un autre mais c'est ainsi. Mes émotions sont à fleur (telle ma première photo) de peau. Certaines choses qui m'arrivent dans ma vie ces derniers temps font que je prends conscience de choses, que je mûris et que j'aime ça mais qu'en même temps, ça me fait peur. J'ai peur de perdre cette fraîcheur de mes années d'innocence qui s'évaporent peu à peu.
Voilà, je pourrai conclure en montrant ce à quoi je pense métaphoriquement ressembler à cette époque de ma vie : je me rapproche un peu de cette jeune femme. Regard perdu dans une lumière qui l'éblouit... Nue comme pour montrer mes peurs, mes angoisses, ma fragilité. Mais cette femme, avance tout de même. Elle marche, nue, mais fière, et aime aller vers l'inconnu. (Bon, certes, c'est une interprétation que je fais... Mais je le sens bien comme ça, moi.)
Par Julia pequeña-chica, Dimanche 2 Septembre 2007 à 14:11 GMT+2 dans Moi, en mots & en photos... (article, RSS)








