« Neverland, laissez place à votre imaginaire »...

NEVERLAND nous raconte la vie de James Barrie, l’auteur de la célèbre histoire pour enfants Peter Pan. C’est à Londres, en 1904, que commence l’étonnant voyage créatif de James Barrie le jour où il a donné vie à Peter Pan, de sa première idée à l’histoire complète, à la première représentation au théâtre Duke of York… Une soirée qui ne changea pas seulement la vie de James, mais aussi celle de tous ceux qui étaient alors à ses côtés…
Londres, début du XXème siècle - James M. Barrie, écrivain et auteur dramatique, est en quête d'un nouvel élan, dans sa vie comme dans son oeuvre : son mariage avec la comédienne Mary Ansell est dans l'impasse, et le public londonien, habituellement si enthousiaste, boude sa dernière pièce. C'est en arpentant quotidiennement les allées de Kensington Gardens, accompagné de son fidèle saint-bernard, Porthos, qu'il rencontre un jour Mme Llewelyn Davies et ses quatre jeunes fils - George, Jack, Peter et Michael. Une complicité immédiate se noue entre l'écrivain et les enfants sous l'oeil ravi de leur mère, jeune veuve désemparée qui trouve en lui un véritable ami.
Son intimité avec la famille Llewelyn Davies grandissant chaque jour davantage, James M. Barrie retrouve son âme d'enfant auprès de ceux qui sont désormais sa plus précieuse source d'inspiration. Il tisse avec eux la trame fantastique, visionnaire et subtilement mélancolique de Peter Pan, leur ouvrant ainsi les portes de ce Pays de Nulle Part où chacun peut vivre à loisir les plus folles aventures et échapper à l'emprise du temps.
" Je suis tombée par hasard sur ce film ce soir, sur Canal+ (merci à cette chaîne télé au passage). Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Le début met en bouche, et tout à coup on aperçoit James Barry (interprété subtilement par Johnny Depp…) qui nous fait plonger peu à peu mais littéralement dans un monde magique, un monde qui se retranscrit au théâtre comme dans la vraie vie. Tout ce qu’il touche ou crée est desuite attrayant. Mettre de la magie, de l’imaginaire, de la féerie dans nos vies trop sérieuses, c’est son hobby. Il n’a certainement pas créé « Peter Pan » pour gagner de la renommée ou bien de l’argent mais tout simplement pour faire rêver les gens. C’est tellement bien narré, tellement touchant. Ca nous replonge en enfance, ça nous fait du bien. Les acteurs : Kate Winslet, Johnny Depp, Dustin Hoffman, les quatre enfants dont Peter (NB : ce jeune acteur prodige est le garçon qui joue dans "Charlie et la chocolaterie" de Tim Burton avec Johnny Depp. C’est l'acteur en personne qui a demandé à Burton de l'engager pour le rôle tellement il avait été impressionné lors du tournage de "Neverland".) sont tous exceptionnels.
Si je dois terminer cet article sur une seule phrase, ça sera simplement celle-ci : précipiter vous sur ce film, que dis-je, ce chef d’œuvre ! Vous ne serez pas déçu du voyage, je vous l’assure.

Une critique trouvée sur « Comme au cinéma.com » que je trouve très juste :
« Faut-il affronter la réalité ou bien l'agrémenter d'artifices divertissants pour mieux la contourner ? Telle est la question que pose le film de Marc Forster pendant près d'1h40. A ce titre, deux visions de la vie sont proposées : d'un côté, le monde imaginaire initié par J.M Barry, de l'autre, une douloureuse vérité synonyme de mesquinerie, de maladie et de mort. NEVERLAND appuie, en effet, constamment son propos sur l'utilisation du contraste. On retrouve notamment ce procédé lorsque J.M Barry puise son inspiration littéraire dans le quotidien des 4 garçons Llewelyn Davies, et plus particulièrement dans celle de son protégé, Peter, pour la transformer en conte de fée sur les planches de théâtre.
Contraste également dans le rapport à l'enfance qu'entretiennent les personnages. Barry rejette ainsi en bloc les mondanités et les conventions pour rester un éternel gamin ; une thématique d'ailleurs constante dans la filmographie d'un Johnny Depp parfaitement à l'aise dans la candeur. L'homme enfant (Barry) et l'enfant adulte (Peter) constituent les deux figures symétriques de l'histoire qui tantôt se télescopent tantôt convergent. Cette relation bouleversante s'avère être la véritable pièce maîtresse de ce film. Il faut dire qu'autant Johnny Depp que Freddie Highmore incarnent leur rôle avec force, cœur et conviction. L'acteur américain parvient, pour sa part, à conférer à son personnage une séduisante complexité : poète lunaire ou homme sobre et posé, ami ou père de substitution. Kate Winslet, en mère courage, est également touchante. On regrette juste que les personnages habilement interprétés par Dustin Hoffmann et Julie Christie n'interviennent que trop rarement.
Le film dispose ainsi d'une dimension poétique manifeste, certaines scènes comme celle de la découverte du Neverland se révélant de véritables paraboles. Peut-être lui manque-t-il toutefois un supplément d'audace fantaisiste dans la mise en scène, parfois trop académique lors des séquences chimériques ou des représentations théâtrales, ainsi que dans la musique (mais ne possède pas la magie Elfmanienne qui veut !).
Au final, peu importe si cette biographie d'un homme hors du commun s'édulcore probablement pour le cinéma : le résultat n'en est que plus probant. »
Valérie Berthoule.
Par Julia pequeña-chica, Samedi 23 Septembre 2006 à 21:16 GMT+2 dans Critique de film (article, RSS)



